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Combourtillé

Combourtillé
Histoire

SSelon les historiens locauxLéon Maupillé: <i>Notices historiques et archéologiques sur les paroisses des deux cantons de Fougères</i> et Émile Pautrel: <i>Notions d’Histoire et d’Archéologie pour la région de Fougères.</i>, la paroisse de Combourtillé est très ancienne et était déjà établie au XIème siècle. Au cours de cette lointaine époque, des actes, cités par Dom MoriceDom Morice, Pr. I, col.585,623, 644, 646, 776., mentionnent cette petite bourgade située au Sud de Fougères, sous le nom de Combortilleium, de Combortillé ou encore de Comburthilleium. Au fil du temps, alors que l’on n’était pas trop précis sur la traduction en latin des noms de lieux et encore moins sur l’orthographe, Combourtillé porta le nom de Combourtillye au XVème siècle, de Comburno Tilleyo dans un Pouillé du diocèse de Rennes en 1516 et de Combourg Tilley dans un acte de 1729.

Comme en convient Paul BanéatPaul Banéat: <i>Le département d’Ille et Vilaine</i>, Tome I, page 449, dans lequel il écrit: <i>l’origine de cette paroisse est inconnue.</i>, il est bien difficile de connaître l’origine de Combourtillé, qui remonterait à une époque beaucoup plus reculée encore puisqu’un triens mérovingien à légende illisible fut retrouvé à la Messeyais, tout comme on en retrouva également un à Javené qui avait été frappé à RennesBulletin de la Société Archéologique d’Ille et Vilaine, tome III (Etude de l’abbé Brune).. Par ailleurs, un rocher à légende se trouvait placé à la RetaudièreBulletin de la Société Archéologique d’Ille et Vilaine, tome III, année 1863, page 47, in <i>Statistiques des monuments celtiques de l’arrondissement de Fougères</i>, par M. Danjou de la Garenne., près de laquelle on éleva plus tard une croix destinée, sans doute, à détourner la superstition. Ce rocher est ainsi décrit, en 1888, par Paul BézierPaul Bézier: <i>Inventaire des Monuments mégalithiques du département d’Ille et Vilaine</i>, page 79. On voit sur les hauteurs, proche le village de la Retaudière, un bloc de grès assez considérable, auquel se rattache une tradition bizarre, qui doit être fort ancienne. Les hommes qui sont dans le Fief-Robert (c’est-à-dire ceux que leurs femmes maîtrisent et rendent malheureux) y vont, dit-on, la nuit payer un certain tribut. Singulière légende inventée sans doute pour tourner en dérision ceux qui pratiquaient jadis un culte nocturne à cette espèce de pierre de Dogan. Paul Bézier reprend presque mot pour mot la description déjà faite par Danjou de la Garenne en 1863Bulletin de la Société Archéologique d’Ille et Vilaine, tome III, année 1863, page 47, in <i>Statistiques des monuments celtiques de l’arrondissement de Fougères</i>, par M. Danjou de la Garenne..

Il faut donc arriver à la période féodale de notre histoire pour retrouver plus concrètement et plus certainement la trace écrite de Combourtillé. C’est ainsi que nous savons qu’au XIIème siècle, Combourtillé avait des seigneurs particuliers qui en portaient le nom. Des actes officiels, notamment l’ancien Cartulaire de SavignéL’abbaye de Savigny fondée par les barons de Fougères à la lisière de la Normandie en la commune de Savigny-le-Vieux (Manche)., encore conservés aujourd’hui dans les Services d’Archives en prouvent l’existence: en 1142, on trouve Guillaume de Combourtillé figurant comme témoin dans un acte de donation faite à l’abbaye de Savigny par Payen Senseline, ainsi que remplissant la même fonction dans un autre acte de donation, signé en 1162 par le baron Robert de Vitré en faveur de la même abbaye. Toujours au cours du XIIème siècle, on retrouve un Jean de Combourtillé, religieux à Savigny et, à la fin de ce siècle, un certain Robert de Combourtillé qui semble être le dernier à avoir porté ce nom, car, après lui, on ne retrouve plus trace de cette famille, soit parce qu’elle s’était éteinte ou fondue, à défaut de mâles, dans d’autres familles.

La seule terre noble de la paroisse s’appelait les Combourtillés, sans doute à cause de deux manoirs seigneuriaux situés près de l’église: les manoirs du Haut et du Bas Combourtillé. Un motteCette motte, nivelée dans les années 1970, est très visible sur le cadastre napoléonien de 1819., entourée de douves, s’élevait autrefois près du deuxième. Nous savons que ces deux manoirs étaient en possession des de Combourtillé en 1142 et 1195.

Les aveux de la seigneurie de Malnoë de 1742 et 1744 font la distinction entre les deux manoirs, ils mentionnent le manoir du Haut-Combourtillé et la métairie noble du Bas-Combourtillé, à costé de laquelle s’élève une motte avec ses douves et fossés à l’entour, contenant 29 cordes de terre, le tout situé au bourg de Combourtillé. Cette ancienne fortification de terre témoigne qu’il y eut autrefois, aux avant-postes de Fougères, un ouvrage défensif à Combourtillé.

La seigneurie de Combourtillé relevait, comme la paroisse, de la baronnie de Vitré par la châtellenie de Châtillon, et ne possédait qu’un droit de basse justice qui s’exerçait au bourg de Saint-Christophe-des-Bois.

En 1408, la seigneurie de Combourtillé appartenait aux du Châtellier. Jeanne du Châtellier, dame du Bas-ChâtellierEn la paroisse de Saint-Germain-en-Coglès. était également dame de Combourtillé. Elle apporta, vers 1511, les Combourtillés à son mari, Michel de Malnoë que l’on disait chevalier preux et hardi.

En 1513, l’un des manoirs appartenait à Michel de Malnoë, fils de Jeanne du Châtellier; et l’autre à Bertranne du Meix, épouse de Guillaume de Channé. Ce Michel de Malnoë avait épousé, vers 1550, Jeanne Croc, dame de la Ronse en la paroisse de Billé, et leur fils, prénommé également Michel, épousa, vers 1580, la fille du seigneur de la Dobiais en la paroisse de Saint-Jean-sur-Couesnon.

Au XVIIème siècle, les de Malnoë étaient en possession des deux manoirs de Combourtillé et ils les conservèrent jusqu’en 1653, époque où ils les vendirent tous les deux aux de Cervon, seigneurs des Arcis qui les revendirent aux de La Sauldraye, seigneurs de Mésauboin, en la paroisse de Billé, mais ils furent rachetés judiciairement par les de Cervon qui, finalement, le 9 mai 1673, revendirent les manoirs des Combourtillés à Jacques de Farcy, seigneur de Paisnel, mais aussi de Mué en la paroisse de Parcé et de la Ronse en la paroisse de Billé. Il réunit les Combourtillés à sa seigneurie de Malnoë en Saint-Christophe-des-Bois, ce n’était que le rétablissement d’une situation plus ancienne..

Ce fut ainsi que la seigneurie de Malnoë acquit une certaine importance. Les seigneurs de Malnoë étendaient leur juridiction, en 1744, sur dix paroisses. Ils possédaient 66 fiefs, dont 20 à Saint-Christophe-des-Bois, 4 à Montreuil-des-Landes, 5 à Combourtillé, 10 à Billé, 16 à Mecé, 2 à Châtillon-en-Vendelais, 2 à Izé (Val d’Izé), 1 à Chienné (Saint-Georges-de-Chesné), 1 à Pocé-les-Bois et 5 à Javené.

Un rentier de la seigneurie de Malnoë<i>La seigneurie de Malnoë</i>, par M. Marcel Hodebert, in <i>Bulletin et Mémoires de la Société Archéologique et Historique de l’Arrondissement de Fougères</i> - Tome XXXIII – Année 1995, p. 41 et suivantes., commencé en 1742, toujours conservé dans les archives du château, énumère par le détail les droits seigneuriaux alors exercés par les seigneurs de Malnoë sur leurs fiefs dans les différentes paroisses du pays Pour ce qui concerne Combourtillé, il est dit qu’aux fief et masure des Ruzardières, entre autres devoirs, les vassaux devaient au seigneur de Malnoë trois deniers monnaye de rente amendable de soixante sols aussi monnaye à faute de payement au jour et feste d’angevinne.

De même, un afféagement (location) de deux journaux de terre dans la lande de Louvraize au fief des Ruzardières, à Gilles Sourdin, avait pour prix de location le devoir de quatre chapons dus au seigneur de Malnoë le 10 mai de chaque année.

Ainsi constituée, la seigneurie de Malnoë resta dans la même famille jusqu’à la Révolution. À cette époque, elle était entre les mains de Charles-Joseph-Anne de Farcy (1728-1796). Dernier seigneur de Malnöe, Charles de Farcy put sauver son domaine et le transmettre à sa descendance. Ce fut lui qui entreprit la reconstruction du château de Malnoë actuel qui ne fut achevé qu’en 1801, quelques années après sa mort. Sans doute par considération pour son épouse, Marie-Elisabeth Tranchant des Tulayes, originaire du Pays malouin, le nouveau château se présente comme une très belle malouinière, fort inhabituelle en nos contrées, qui n’est pas sans ressembler à celle de la Ville-Bague à Saint-Coulomb.

Lorsque survint la Révolution, le recteur qui était présenté par l’OrdinaireAutorité diocésaine. À Combourtillé, le recteur était directement nommé par l’évêque contrairement à certaines paroisses dépendantes d’abbayes qui présentaient leur candidat à une cure à l’évêque pour approbation., c’est-à-dire nommé par l’évêque, était le seul décimateur dans la paroisseÉmile Pautrel: <i>Notions d’Histoire et d’Archéologie pour la région de Fougères</i>, page 437.. À propos de la nomination du recteur, d’autres historiens locauxA. Bertin et L. Maupillé: <i>Notice historique et statistique sur la baronnie, la ville et l’arrondissement de Fougères</i>, page 197. soutiennent qu’il était nommé à l’alternativeC’est ainsi que les co-auteurs de l’ouvrage cité plus haut expliquent ce qu’était l’alternative en matière de nomination religieuse: <i>On appelait alternative l’indult ou la grâce que le pape accordait aux évêques en faveur de la résidence. Lorsqu’ils avaient obtenu l’indult de l’alternative avec le pape, de mois en mois, le pape commençant par janvier; tandis que sans cette grâce il n’avaient, par le comput des mois, que le droit de conférer les bénéfices qui venaient à vaquer dans les quatre derniers mois de chaque quartier, c’est-à-dire en mars, juin, septembre et décembre.</i> Bien que ce soit un peu compliqué comme procédure, l’alternative permettait aux évêques de nommer les recteurs de leur diocèse toute l’année, à défaut, ils ne pouvaient le faire que certains mois de l’année, les vacances de poste en dehors de ces périodes précises devaient être pourvues par le pape lui-même. Le mot <i>comput</i> que l’on retrouve dans cette explication savante est le calcul déterminant le temps pour les usages ecclésiastiques et particulièrement la date de la fête de Pâques. c’est-à-dire par l’évêque mais sur un privilège spécial et temporaire accordé par le pape, privilège que l’on nommait indult, mot peu usité aujourd’hui qui venait du latin indultum et indulgere et qui signifiait être indulgent.

L’Annuaire de 1792, rapporte que Combourtillé est surtout constitué de landes et que les parties cultivées produisent du seigle, du froment, du sarrasin, de l’avoine et du chanvre.

Le recteur, Etienne-Mathurin Deshayes, à la tête de la paroisse depuis 1787, déclara, en 1790, jouir de quatre pièces de terre, appelées les Aumônes, qui lui rapportaient 90 livres de rente et estima les dîmes perçues sur les grains, le lin et le chanvre à 1.850 livres de rente. La municipalité de Combourtillé prétendit quant à elle que les revenus du recteur valaient bien 1.900 livres. Cette estimation n’était pas exagérée car en 1790, la totalité des dîmes perçues par le recteur atteignit 2.234 livres dont il fallut quand même déduire 309 livres de frais de récolte. Cette somme n’était pas nette pour autant, car le recteur de Combourtillé devait prendre en charge la pension de son vicaire pour un montant de 350 livres, payer les décimes (taxe perçue par le roi sur le clergé) de 150 livres, prévoir les diverses réparations pour un montant de 200 livres, etc... Par ailleurs, il devait fournir une rente au prieur de Livré-sur-ChangeonLa paroisse de Livré-sur-Changeon dépendait d’un prieuré fondé au XIème siècle par l’abbaye Saint-Florent de Saumur qui perdura jusqu’à la Révolution. L’abbaye entretenait trois moines à Livré et présentait le recteur qui ne recevait qu’une portion congrue de 450 livres pour sa cure, le prieur, véritable seigneur spirituel et temporel de Livré, levait toutes les dîmes de la paroisse. constituée de 16 boisseaux de fromentSelon le Pouillé de Rennes; de 76 boisseaux selon Émile Pautrel.. Finalement le revenu net du recteur n’était pas si important que l’on voulait bien le dire.

Quant à la Fabrique de Combourtillé, elle déclara avoir 470 livres de rentes, plus 60 livres qui provenaient de la bourse des défunts. Par ailleurs, il existait une rente annuelle de 40 livres en faveur des pauvres de la paroisse pour laquelle nous ne connaissons pas l’origineGuillotin de Corson: <i>Le Pouillé de Rennes</i> - Tome III, page 379..

Comme la paroisse devait être supprimée (elle fut réunie à celle de Billé jusqu'à la reprise du culte catholique en 1803), il ne fut pas élu de curé constitutionnel. Les deux prêtres, le recteur Deshayes et son vicaire Jolif, avaient refusé de prêter le serment à la Constitution civile du Clergé, ce qui leur permit de continuer à assurer le culte et de séjourner dans leur paroisse jusqu’en juillet 1792. L’église était restée ouverte pour les réunions et pour la sonnerie de l’Angélus. Les prêtres exilés, la paroisse supprimée, cette situation ne perdura pas longtemps, les cloches furent descendues et envoyées à la fonderie.

Ce fut à cette époque que le vicaire demanda un passeport pour Rennes où il alla demeurer – il produisit un certificat de résidence dans cette ville en 1795 – il semble qu’il exerça ensuite le culte à Saint-Médard (sur-Ille), notamment en 1797. Quant au recteur, après s’être caché un certain temps dans sa paroisse, il émigra à Jersey et fut réinstallé dans sa paroisse en 1803 qu’il gouverna jusqu’en 1809.

En 1814, la paroisse de Combourtillé fut à nouveau supprimée et réunie à celle de Billé. La paroisse ne fut rétablie qu’en 1820.

Il y avait autrefois une chapelle dédiée à saint Denis. Elle était située dans le bourg de Combourtillé. Aujourd’hui détruite, elle avait été fondée par Charlotte Harel, veuve d’Urbain de Cervon, baron des Arcis, alors propriétaire de Malnoë et des Combourtillés qui, voyant que cette chapelle n’avait pas de fondation, promit, par acte du 5 mars 1657, au recteur Nicolas Le Fébure, une rente de 50 livres par an, afin qu’il y célébrât deux messes par semaine. Cette dotation était prélevée sur le revenu des métairies de Combourtillé appartenant au seigneur de Malnoë.

L'Église

L’église de Combourtillé était autrefois dédiée à saint Cyr et à sainte JulitteSaint Cyr, né en Asie Mineure, n’avait que trois ans quand, vers 304, il suivit sa mère Julitte traduite devant le tribunal romain en raison de ses croyances. Julitte fut condamnée et son enfant, dont l’attitude avait exaspéré le juge, fut tué sur place sans pitié. En général, les pèlerins ne séparent pas saint Cyr de sainte Julitte dans leurs invocations. Leur culte est bien présent en Bretagne, notamment à Molac dans le Morbihan où l’église est sous leur vocable et qu’une fontaine aux vertus reconnues renferme une eau censée guérir les coliques des enfants et des adultes et faire marcher les enfants retardataires. Un pardon a lieu chaque année (Les Saints qui guérissent en Bretagne – Tome 1 – Hippolyte Gancel, Ed. Ouest France).. Elle est aujourd’hui placée sous le patronage de Notre Dame de l’Assomption.

Le Pouillé de Rennes donne peu de détails sur cette église maintes fois transformée: L’église de Combourtillé, écrit le chanoine Guillotin de Corson, a été retouchée à tant de reprises qu’il est impossible de déterminer le caractère architectural qui y domine. Dans le principe, son vaisseau se composait d’une seule nef dont la construction devait remonter à l’époque romane. Dans un pan de mur qui a été démoli en 1848, on voyait des traces d’une baie dont la pierre d’amortissement, taillée en plein cintre, rappelait le style des XIème et XIIème siècles. L’église actuelle se compose de trois nefs qui communiquent entre elles au moyen de trois arcades. Le collatéral Nord a été construit vers la fin du XVème siècle; celui du midi n’est que de 1848. Il n’y a point de transept, et le chœur, à chevet droit, est aveuglé par une sacristie. Il y avait autrefois un clocher en batière, mais l’on a récemment construit au pied de la nef une petite tour de style ogival. Il paraît qu’au XVème siècle on avait placé une verrière en cette église, mais il n’en reste plus de trace.

Léon MaupilléLéon Maupillé: <i>Notices historiques et archéologiques sur les paroisses des deux cantons de Fougères</i>, page 23 et suivantes. et Paul BanéatPaul Banéat: <i>Le département d’Ille et Vilaine</i>, pages 449 et450. ne disent pas autre chose. Le premier ajoute que l’église possédait autrefois une verrière du XVème siècle dont les vitres portaient les armes des seigneurs de Malnoë qui possédaient également un enfeu dans cette église; le second ajoute qu’il a retrouvé un compte de la Fabrique de Saint-Sulpice de Fougères dans lequel il est fait mention des travaux de construction du collatéral Nord en 1498: Par le consoils et advis de la plus saine partye des parroayssiens de cyens les dits thésoriers de Combourtillye la fourmairie de la petite vitre de saint Domyn avec XX piez de pierre de viez enchappement quest pour LIII sols. Ces pierres taillées vendues pour l’église de Combourtillé par les ouvriers employés sur le chantier de Saint-Sulpice, étaient destinées à une fenêtre d’une nouvelle construction, sans doute le collatéral Nord qui date de cette époque. Peut-être y avait-il alors un autel dédié à saint Dominique, à moins que le saint Domyn que l’on trouve dans ce texte ancien, ne doit être attribué à saint Denis qui était déjà honoré à Combourtillé, puisqu’il y avait une chapelle.

Le seigneur de Malnoë se disait fondateur et seigneur prééminencier de l’église de Combourtillé avec droits de banc et enfeu, armoiries ès vitres et muraille tant au chanceau qu’à la nefGuillotin de Corson: <i>Petites seigneuries du comté de Rennes</i>, in Bulletin de la Société Archéologique d’Ille et Vilaine – Tome XXXIII, page 11..

Pour en connaître davantage sur cette église et notamment sur sa quasi reconstruction au XIXème siècle, il faut attendre l’étude de l’abbé Roger Blot, publiée dans La Vie diocésaine du 28 mai 1997. Comme à son habitude, le responsable du patrimoine religieux du diocèse de Rennes a fouillé les archives (il regrette la pauvreté des sources anciennes) de sorte que, connaissant la rigueur de son travail, les éléments nouveaux qu’il apporte sont très précieux pour une meilleure découverte de l’église telle qu’elle se présente à nous aujourd’hui. Aussi, nous lui laisserons volontiers la parole en rapportant in-extenso son article:

Autant le reconnaître, écrit Roger Blot, presque tout, dans cette charmante église pointant sur les prés, appartient au XIXème siècle: murs, charpente, pavement, mobilier... Et comme telle, du reste, elle est très intéressante à étudier. Il n’empêche que la proximité d’une motte féodaleCette motte a été nivelée dans les années 1970. Elle reste très visible sur le cadastre de 1819., le patronage immémorial de saint Cyr et sainte Julitte, le remploi de maintes pierres ferrugineuses et quelques textes médiévaux nous assurent qu’elle fut d’abord romane. Par ailleurs, les trois belles arcades de granit de la fin du XVème siècle qui subsistent au Nord ont été si bien imitées au Sud que les plus avertis s’y trompent. Tentez donc l’expérience...

Jusque dans les années 1840, l’église était demeurée bien modeste. À la nef romane, reprise dans ses ouvertures s’était ajouté un bas-côté à la fin du XVème siècle et au chœur, reconstruit on ne sait quand, s’était adjointe une sacristie, si bien qu’on avait quatre pignons au Nord et un porche au midi. Deux cloches étaient suspendues à un petit clocher-mur en façade...

Un important accroissement eut lieu vers le milieu du XIXème siècle. Le principal souci fut d’abord d’élever une tour pour trois cloches. L’architecte Droyaux, de Vitré, présenta en 1844 un projet d’esprit classique avec dôme, mais le Conseil des Bâtiments civils lui fit remarquer que cela n’irait pas avec les fenêtres ogivales de la nef. Droyaux répliqua que son projet ne manquait pas d’unité: si l’on ouvrait un bas-côté au Sud, il le traiterait aussi de manière classique et il remplacerait les fenêtres au Nord... C’est là que l’on voit que les temps ont changé; Droyaux fut évincé au profit de Couétoux qui s’attacha à proposer un projet gothique. Dans les débats avait été prononcée la phrase qui allait marquer plusieurs générations: D’après quelques opinions recommandables, l’architecture gothique devrait être spécialement consacrée aux édifices religieux....

La réalisation de Couétoux (en deux temps: tour en 1847-1848, reste de l’église en 1850-1851) est en fait d’un gothique timide: sa tour a peu de points communs avec celle de Parcé par exemple, les fenêtres du chœur n’ont pas de meneaux, on n’a pas restitué de maîtresse-vitre (un retable classique demeura dans le chœur, deux furent placés dans les chapelles en 1851). On exhaussa d’un mètre les murs de la nef pour donner plus d’élévation, mais la charpente d’esprit gothique disparut...

Par contre ce qui surprend dans ce retour au gothique, c’est l’application avec laquelle on a imité au Sud les arcades du Nord. On ne sait pas encore bien faire du néo-gothique, mais on sait copier le vrai gothique...

Recentrage des dévotions

Il est difficile de trouver meilleur exemple du recentrage des dévotions qui s’opéra dans l’Èglise en l’espace d’un siècle.

À la fin du XVIIIème siècle, il y avait encore tout un petit peuple de statues à la saveur médiévale. L’église était sous le patronage de saint Cyr et sainte Julitte sa mère, obscurs martyrs d’époque gallo-romaine. On trouvait aussi saint Fiacre, saint Gilles, saint Job... Nous le savons par le rapport de la visite de Mgr Bareau de Girac en 1781 qui fit enterrerCe fut ainsi que disparurent de nos églises d’antiques statues. Certaines, en pierre ont été parfois retrouvées dans les enclos paroissiaux lors de la translation des anciens cimetières. Les statues en bois ne résistèrent pas à l’enfouissement. dix statues dont six sur les deux autels à l’entrée du chœur... Pour ne pas exagérer l’aspect folklorique, ajoutons quand même que ces dévotions n’empêchaient pas Marie d’être à l’honneur (autel du Rosaire au Nord) et bien sûr Jésus (Gobert refit en 1813 le tableau du maître-autel avec Jésus en croix)...

Au milieu du XIXème siècle, quand on régularisa l’édifice, on changea officiellement de protecteur. À la mi-août 1849, par autorisation de Mgr Brossay-Saint-Marc, l’église passa sous le patronage de Notre-Dame de l’Assomption. Un tableau de l’Assomption fut mis au grand autel, encadré par les statues de Marie et Joseph. Deux autels néo-classiques de marbre furent placés en haut des bas-côtés en 1851, celui du Rosaire au Nord, celui de saint Cyr et sainte Julitte au Sud...

Quarante ans plus tard, en 1890, le recentrage atteignit sa perfection: des boiseries néo-gothiques furent placées dans le chœur avec une grande niche pour le Sacré-Cœur . Il avait à ses côtés Pierre et Paul (ou plutôt, curieusement, Paul et Pierre). Au Nord, le tableau du Rosaire fit place à trois statues avec au centre Marie et, au Sud, Joseph détrôna Cyr et Julitte relégués à sa gauche. D’un patronage marginal, on était passé à Marie, puis à Jésus... (L’église est restée officiellement sous le patronage de Marie, mais tout le monde à Combourtillé croit qu’elle est sous celui du Sacré-Coeur, d’autant qu’on lui dressa après la guerre 14 une grande statue à l’entrée du bourg)...

Beaucoup de boiseries et un mobilier peu ancien

À la suite de ces purifications et de celle qui s’accomplit en 1965, le mobilier est peu ancien. Citons dans l’ordre une pierre tombale de 1786, la cloche de 1805, le tableau des Gobert pour le maître-autel en 1813 (sacristie) et pour le baptistère vers 1830. Parmi les statues (de plâtre), sainte Anne, qui semble du début du XIXème siècle, est suivie par une belle Vierge immaculée et un saint Joseph, vraisemblablement de 1851, comme les deux autels de marbre et deux cloches de Villedieu...

Les boiseries néo-gothiques de Combourtillé sont remarquables et ceinturent toute l’église. Il faut distinguer celle de la nef, moins travaillées, probablement une des dernières productions de l’atelier Hérault, et celles du chœur, d’un gothique flamboyant plus affirmé. Une note aux archives diocésaines les situe en 1890 sans nommer l’atelier. Un confessionnal s’harmonise avec elles...

La bannière était de 1888, comme le Chemin de Croix. En 1913, une chaire néo-gothique (disparue aussi) d’André, d’Angers, avait remplacé la chaire en fer de 1841...

Les vitraux du chœur furent peints en 1917 par A. Alleaume, de Laval, à la gloire du Sacré-Cœur: Jésus donnant sa vie à droite, se révélant à Marguerite-Marie à gauche. Ce vitrail Nord a deux particularités. Il est traité comme l’apparition à Marie-Madeleine au jardin (sous un noisetier aux fruits roux, pour marquer peut-être le 15 aoûtNe dit-on pas qu’ <i>à la mi-août, les noisettes ont le cul roux!</i>, signifiant ainsi que l’on peut commencer à les cueillir.), et il porte sur le livre une inscription inattendue: Courage et confiance, nous les aurons les sales Boches. Combourtillé, il est vrai, a payé son tribut: 29 jeunes gens pour une commune de 550 habitants aujourd’hui. Cette inscription, cachée sous l’occupation, fut redécouverte en 1965... Les six vitraux de la nef (RaultMaître-verrier à Rennes. 1928 et 1932) sont moins originaux...

Le XXème siècle a encore ajouté des boiseries: les bancs de 1935 et la fermeture de la tour, la tribune de H. Perrin en 1949, conçue comme un balcon.... Il manque à cette petite église très propre et chaleureuse un autel face au peuple de bois qui en deviendrait le centre. Pourquoi pas avec l’icône de saint Cyr et sainte Julitte?

Les malheurs d’un baptistère

Il y avait à Combourtillé un élégant baptistère avec sa cuve de marbre, réalisé dans les années 1830 par Adolphe FérardFérard avait également réalisé le baptistère de Beaucé en 1830 (disparu aujourd’hui) et celui de Lécousse (1836-1837) mutilé dans sa partie haute pour une tribune., excellent menuisier de Fougères qui collaborait avec les Gobert pour les peintures.

Dans l’année 1965 où fut réalisée la restauration de l’église, le goût était au dépouillement et à la rusticité (voyez comment sont traités les ébrasements de fenêtres...). Faute de pouvoir éliminer les boiseries néo-gothiques (le conseil municipal s’y opposa), le recteur parvint à faire évacuer l’armoire à bannièreMonsieur Buineau, notre guide du jour, nous précise que la bannière fut brûlée par ordre du recteur! et la chaire. Le baptistère allait subir le même sort.

Il y avait au presbytère de Montreuil-des-Landes de vieux fonts de granit sans nul apprêt et privés de leur soubassement. Arrangement fut fait. Le baptistère, décrété trop petit, fut mis au feu et les fonts de marbre disparurent. Un espace carré fut dégagé au sol, légèrement surbaissé pour descendre dans les eaux du baptême..... Les murs furent mis à nu, une autre grilleIl s’agit de la Sainte Table. récupérée. Alors les vieux fonts se dressèrent sur deux blocs de granit gris. Seuls avaient trouvé grâce le tableau du Baptême des Gobert, avec son encadrement rocaille se détachant sur les murs rejointoyés, et le couvercle de cuivre, clouté sur deux grosses planches rustiques.

Ne regardez pas cet arrangement de trop près, et ne soulevez pas le couvercle: vous n’y trouverez qu’une cuvette en plastique jaune. Du reste, il y a longtemps maintenant que les baptêmes se font à l’entrée du chœur....

L’orfèvrerie

Parmi toute une orfèvrerie renouvelée après la Révolution, Combourtillé a conservé trois calices en argent doré issus des orfèvres parisiens de la première moitié du XIXème siècle. Ils étaient sensiblement de la même hauteur, mais deux se sont trouvés raccourcis à une date assez récente. Un des calices, auquel une patène de qualité est associée, de structure ternaire, est composé de six éléments: la coupe, recouverte partiellement d’une fausse-coupe chargée d’un décor, la tige qui comprend le nœud et deux bagues, le pied. Par ses proportions, ses formes, son type de décor, il se rattache à la tradition classique, dans sa variante néo-classique. Ses divers poinçons précisent l’auteur, l’orfèvre parisien François-Julien Doyen et une fourchette de dates assez étroite (entre 1834 et 1838). À noter aussi sur le médaillon du Christ la signature M.T.N. (Montagny).

Le décor figuré, encadré de motifs végétaux ou architecturaux, se déploie sur un mode triplement ternaire. En bas, trois scènes de l’Evangile: au centre, trois femmes qui symbolisent les vertus théologales, la Foi et l’Espérance tournées vers la Charité; en haut, des figures majeures, en plus gros plan encore: le Christ ressuscité encadré de Marie et Jean. Réunies, toutes ces scènes se résument ainsi: Jésus a donné son sang par amour pour nous.

Vu à la loupe, le décor est d’une impressionnante finesse. Pourtant, la valeur marchande d’un tel calice est faible, car il n’est pas dans l’usage de commercialiser ni de séculariser de tels objets consacrés. Ne mériterait-il pas de servir de temps en temps? Heureux ceux qui sont fiers de leur église.

P. Roger BLOT

La Grotte du Sacré-Cœur

En 1922-1923, on éleva à l’entrée du bourg, en face de la mairie actuelle, une construction de rochers formant une grotte sur laquelle trône une grande statue du Sacré-Cœur. On accède à la statue par un double escalier de pierre. Cette grotte, bien entretenue, est toujours en place et chacun peut aujourd’hui l’admirer, sa grande statue attire presque automatiquement le regard lorsque nous passons sur la route. Ce monument, comme le fait remarquer l’abbé Blot, laisse croire à beaucoup que la paroisse de Combourtillé est placée sous le vocable du Sacré-Cœur alors qu’elle l’est sous celui de la Sainte Vierge.

Ce fut le 31 août 1924, que le cardinal Charost, archevêque de Rennes, vint, en personne, consacrer au Cœur de Jésus cette réalisation. Une plaque de marbre rappelle encore cet événement aujourd’hui. Il y est écrit: Ce monument a été consacré au Cœur de Jésus le 31 août 1924 par S.E. le Cardinal CharostLe Cardinal Alexis Charost avait succédé à Mgr Dubourg à la mort de celui-ci en 1921. D’abord évêque de Miletopolis et auxiliaire de Cambrai le 13 mai 1913, il fut transféré à l’évêché de Lille le 15 novembre 1914; promu archevêque de Chersonèse et coadjuteur du cardinal Dubourg le 18 juin 1920, il lui succéda sur le siège épiscopal de Rennes le 22 septembre 1921. Cardinal le 11 décembre 1922, il mourut le 7 novembre 1930 et fut remplacé par Mgr Mignen qui était alors évêque de Montpellier., suivi de cette prière: Cœur Sacré de Jésus, bénissez nos familles.

Lorsque nous prenons le petit escalier qui donne accès au pied de la statue, on peut aussi lire sur son socle cette autre prière: Cœur Sacré de Jésus, j’ai confiance en vous, que votre règne arrive dans notre paroisse, dans nos familles, en nous-mêmes – 1922-1923.

Comme nous pouvions nous y attendre, La Chronique de Fougères, journal républicain par excellence et plutôt de tendance anti-cléricale à l’époque, ne fait aucune mention de la venue du cardinal Charost à Combourtillé. Par contre, dès le 23 août 1924, Le Journal de Fougères, annonce la venue de l’archevêque.

Il écrit: Les voyageurs qui passent sur la route de Fougères à Vitré ont pu admirer le magnifique monument qui, depuis quelques mois, a été élevé à la gloire du Sacré-Cœur, à l’entrée du bourg de Combourtillé. Ce monument est unique dans le diocèse; aussi son Eminence le Cardinal Charost a tenu à venir le bénir lui-même et à donner un gage de sa sympathie à l’excellente population de cette petite paroisse. La cérémonie de la Bénédiction est fixée au dimanche 31 août.

Dans son édition du 6 septembre 1924Archives municipales de Fougères: <i>Le Journal de Fougères</i> - 2 Mi 66., Le Journal de Fougères relate la cérémonie mémorable qui mobilisa toute la paroisse et qui attira une foule venue de tout le pays. La venue du cardinal à Combourtillé était ressentie non seulement comme un honneur mais aussi comme assez exceptionnelle.

Nous transcrivons ci-dessous les lignes très élogieuses pour Combourtillé qui furent écrites dans le journal local à cette occasion:

Le Sacré-Cœur intronisé dans la paroisse par Son Éminence le Cardinal Charost

La bénédiction du monument élevé à la gloire du Sacré-Cœur, annoncée pour le dimanche 31 août, a été faite solennellement en présence de toute la population de la paroisse et des environs. Le petit bourg avait revêtu, non pas sa parure des grandes fêtes, mais une parure toute spéciale pour ce jour, et si belle qu’il faut avoir vu pour croire que pareille chose soit réalisable dans une campagne en pleine période de battage. Il fallait honorer à la fois le Sacré-Cœur et notre vénéré cardinal...

...La grand’messe fut célébrée par M. l’abbé Angenard, enfant de la paroisse, assisté d’un autre enfant de la paroisse comme sous-diacre, M. l’abbé Helleux, sous la présidence de Mgr Sourdin, curé de Saint-Léonard de Fougères, et ce fut le digne commencement d’une inoubliable fête...

...Vers 2 h ½, S.E. le Cardinal arrivait, accompagné de M. le vicaire général Pouët, et ce fut par une avenue merveilleusement décorée qu’il se rendit au presbytère. Quelques instants après, la procession s’organisait et se mettant en route pour l’église. À l’entrée du cimetière, M. le Maire, accompagné de tout son conseil municipal, attendait Son Eminence. Il lui exprima la joie de toute la population en ce jour, lui dit combien il était agréable de s’incliner devant le premier pasteur du diocèse à l’heure où la persécution religieuse nous menace à nouveau...

...Son Eminence remercia M. le Maire de ses paroles si pleines de foi, et de la magnifique réception qu’on lui faisait, la plus belle qu’il lui ait été faite depuis qu’il est archevêque de Rennes, mais il félicita surtout la paroisse du beau geste qu’elle accomplissait en ce jour, et de la belle pensée qu’elle avait eue de dresser ainsi une belle statue du Sacré-Cœur au bord de la grand’route qui unit à la fois à la Bretagne, la Normandie, le Maine et l’Anjou. C’est dans le diocèse, dans toute la Bretagne, peut-être dans toute la France, le premier monument de ce genre. Et ce sera pour l’avenir la gloire de Combourtillé d’avoir ainsi proclamé la royauté du Christ...

...La cérémonie de la bénédiction de la statue et du monument fut malheureusement contrariée par une forte averse. Aussitôt les prières liturgiques récitées, il fallut en hâte reprendre le chemin de l’église...

...La paroisse de Combourtillé gardera fidèlement le souvenir de ce jour: ce sera la plus belle page de ses annales. Si elle est petite par le chiffre de sa populationCombourtillé compte 436 habitants au recensement de 1921. (Source: Indicateur historique du département d’Ille et Vilaine Ed. 1981)., elle s’est grandie néanmoins par le signal qu’elle donne de l’intronisation solennelle du Sacré-Cœur dans les paroisses.

Combourtillé dans l'Almanach de Fougères de 1914

Le premier Annuaire de Fougères et de l’Arrondissement, alors imprimé chez Gastel, imprimeur-libraire place Nationale (Place du Théâtre actuel) à Fougères dont l’atelier se situait, comme il le précise au haut de la rue Pinterie, date de 1849. Ce petit ouvrage devenu rare, nous donne principalement des renseignements sur les administrations de la ville et parle peu des communes qui l’environnent. Pour ce qui concerne Combourtillé, l’annuaire se borne à indiquer sa superficie de 932 hectaresLes limites territoriales de Combourtillé ont été légèrement modifiées lors du remembrement par arrêté du 8 octobre 1968 (Indicateur historique du département d’Ille et Vilaine – Ed. Archives d’Ille et Vilaine -1981). et sa population qui s’élève alors à 607 habitantsIl s’agit du nombre d’habitants correspondant au recensement de la population de 1846.. Par ailleurs, nous apprenons qu’en 1849, le revenu cadastral de Combourtillé est de 14.456 francs.

L’almanach de 1914, édité par La Chronique de Fougères, est beaucoup plus explicite et donne des renseignements intéressants sur les activités de la commune à la veille de la Grande Guerre. La population est alors de 546 habitantsCe chiffre correspond au recensement de la population de 1911.. La superficie indiquée est de 931 hectares dont 645 sont en terres labourables, 10 en bois et 150 en prairies, le reste étant constitué en partie de landes. On cultive surtout des céréales et on pratique l’élevage. La commune est traversée par le ruisseau de Maigresset, petit affluent du Couesnon qu’il rejoint à environ trois kilomètres en aval de Vendel, et que l’on nomme aussi le JaunouseDans son ouvrage <i>Sur les bords du Couasnon</i>, Amand Dagnet dit à ce propos: <i>En aval de Vendel, le Couasnon reçoit un grand (grand ici, veut dire long) ruisseau qui porte les noms de Jaunouse et de Maigresset; le premier à cause de la couleur de l’eau quand il y en a; le deuxième parce qu’il n’en a pas toujours et la véritable orthographe devrait être <i>maigre et sec.</i> Paragraphe 24, page 21..

Le budget de la commune est de 2.469 francs. La municipalité est dirigée par Jean-Marie Dubois, domicilié à la Messayais, son adjoint est F. Helleux qui habite le bourg. Les conseillers municipaux sont MM.Chantrel, à la Marche; Durocher, à la Messayais; Garnier, à la Roche; Beaugendre, à la Maritière; Rousseau, à la Richardière; Brard, à la Piquais; Cantin, à l’Aunay; Herber, à la Haute-Hermenière; et Martin, au Pigeon-Blanc. Le secrétaire de mairie est un nommé Friteau. Il y a 151 électeurs et 40 maisons à Combourtillé.

Le recteur est l’abbé Delaunay, assisté, comme vicaire, de l’abbé BriantCe fut l’abbé Briant qui découvrit les vestiges du fossé de fortification autour du bois de la Feutellerie à Jaunousse (en Billé) (Tome LXXIII de la Société Archéologique d’Ille et Vilaine).. L’annuaire précise que la fête patronale est le 15 août car la paroisse est sous le vocable de la Sainte-Vierge. Il y a une école laïque (pour les filles) dirigée par une institutrice, Mademoiselle Rouzé. Le facteur passe chaque jour à partir de 9 heures. Il existe une Mutuelle agricole à Combourtillé présidée par le maire, Jean-Marie Dubois. Les principaux agriculteurs sont: F. Juguet, à Bel Air; F. Helleux, au bourg; L. Garnier, au bourg; T. Liger, au bourg; J. Érard, à la Touche; J. Triquet, au Carrefour; L. Chemin, à la Houssais; J. Garnier, à la Roche; F. Brard, à la Piquais; T. Beaulieu, aux Beuchers; L. Besnard, à la Rétaudière; J. Prioult, au Clairay et J. Masson, à la Briandière.

En 1914, il y a trois charrons à Combourtillé (Lodé, Pinot et Boutros), deux coiffeurs (Dinard et Chauvigneau), un maréchal-ferrant (Brillet), un marchand de sabots (un sabotier) à Hurbise (J. Mérienne), un débitant de tabac (J. Martin), un tailleur d’habits (F. Hamard), un marchand de tuiles et d’ardoises (J. Martin)... et un sonneur de cloches, indispensable à la bonne marche de la paroisse: P. Helleux. Curieusement et contrairement aux autres communes du canton, aucun débitant de boissons n’est cité à Combourtillé alors qu’à la même époque, on en trouve 5 à Billé, 7 à Javené, 10 à Parcé et... 12 à Dompierre-du-Chemin, pour ne citer que ces communes proches. Il devait pourtant bien y avoir quelqu’un qui servait à boire à Combourtillé!

Mais à Combourtillé, l’annuaire de 1914 signale, sous le titre Excursions: curiosités locales le Rocher de la Roche de la Pellerie et la Piquais d’où l’on peut admirer un très joli panorama!


Bibliographie et Sources