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Eusèbe Bougret

Un doyen bien malade

LLes lignes suivantes, page 218 du tome IX du Journal de médecine, chirurgie, pharmacie, etc... édité à Paris en juillet 1758, attirent notre attention:

Tel était au mois de décembre 1756, pendant un froid sec et des plus violents, l'état de M. B***, Doyen rural de Billé, vrai modèle, à tous égards, des bons Pasteurs, âgé d'environ cinquante ans, d'un tempérament mélancolique, livré à l'étude et aux occupations de son ministère: il consulta sur son indisposition naissante M. Régnault, médecin en cette ville, et fort versé dans la pratique de son art; son avis fut de faire saigner le malade...

Cet extrait est précédé de la description de l'indisposition et il s'ensuit une liste déjà impressionnante des premiers soins apportés au malade par le médecin. Malgré ces traitements énergiques, l'état de M. B*** ne fait qu'empirer et le huitième jour le praticien impuissant fait appel à son confrère, M. le Nicolais du Saussay, docteur en médecine à Fougères, qui relate le cas.

Ce dernier va appliquer différents remèdes et méthodes décrits avec force détails en même temps que les effets produits. Cependant, la situation continue à se dégrader encore plusieurs jours, au point que se pose la question: Que faire en pareille extrémité? C'est finalement l'usage de la liqueur minérale d'Hoffmann, apportée par le médecin fougerais qui sauvera le malade, après une lente amélioration qui est aussi décrite.

Alors que nous voilà rassurés sur sa santé, il est temps de nous intéresser à l'identité du patient dont seule était publiée l'initiale du nom. Après consultation des archives du presbytère, il apparaît qu'il s'agissait de Vénérable et Discret Missire Eusèbe François Bougret qui fut Recteur Doyen de Billé du 30 mars 1737 au 31 décembre 1769, date à laquelle il décéda à 59 ans. Il avait donc survécu treize années à la grave maladie décrite ci-dessus. Les propos tout à son honneur du médecin chroniqueur sont confirmés par M. Marchand, un de ses vicaires, qui rapporte qu'il était vénéré de tous ses confrères dont il était l'exemple, regretté de tous les bons paroissiens dont il était l'ami, pleuré de tous les pauvres dont il était le père nouricier.

Il est impossible de parler de M. Bougret sans rappeler qu'au cours de son ministère et par ses soins, un nombre important de travaux fut entrepris à l'église. D'abord en 1758 le pignon du bas de l'église fut rebâti à neuf. En 1764 fut façonné par M. Tory, menuisier à Fougères, l'autel du Rosaire. Il fut complété en 1765 par le tableau de la Vierge peint par M. Coursier de Rennes. En 1766 ce fut au tour de l'autel Saint-Louis réalisé par le même artisan et des deux petits autels qui jouxtent le choeur. Enfin, la boisure des fonts baptismaux fut construite en 1769, l'année de sa mort.

De cet épisode, il reste à découvrir qui était le médecin Régnault qui, à notre connaissance, n'a jamais été mentionné autre part à cette époque. Si un internaute a une information à son sujet nous serons heureux de l'apprendre et d'en faire part.

Histoire Patrimoine Gens de Billé

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