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Musiciens

En avant la musique ...

Sur l'air de La Trompeuse.
Interprétation: Jean Cornée à l'accordéon et Pierre Delatouche à la bombarde.
Extrait de l'enregistrement effectué le 22 mai 2006.

NNous avons trop l'occasion de lire dans ces pages comment la vie était rude dans le passé. Il fallait bien pourtant se distraire et il y avait des moments heureux qui venaient rompre la routine du labeur quotidien. Les mariages, surtout, donnaient lieu à des réjouissances. Et il n'y a pas de réjouissances sans musique. Billé avait aussi ses musiciens. C'était d'abord des musiciens mais aussi de gais lurons qui savaient "amuser la galerie". Un musicien au moins était présent à chaque mariage, parfois deux, et dès le matin il accompagnait les cortèges. Il figurait souvent sur la photo souvenir et après chacun des deux repas, il faisait danser les invités.

Victor Bourgeon (1862-1936) était charron au bourg de Billé. Natif de Saint Jean sur Couesnon, il s'était marié à Rosalie Bouchery elle aussi de Saint Jean. Ils s'installèrent à Billé après leur mariage en 1888 et leur fils aîné, Victor, naquit à Billé en 1889. Notre charron n'a pas qu'une corde à son ... violon, puisque c'est avec cet instrument qu'il anime les mariages et les fêtes du canton. Sur la première photographie présentée, il est à la Joulière au mariage de François Malle et de Marie-Louise Cupif en juin 1901. Nous le retrouvons à Mésauboin au mariage de Jean Roussel et Joséphine Vacher en mai 1911. À noter que derrière lui se trouve l'ancien puits de Mésauboin, aujourd'hui disparu.

La transition entre les générations se fit sans heurts. En effet, dès les années 1910, Victor Bourgeon se faisait accompagner de Jean Blanchet (1887-1970), plus jeune d'un quart de siècle. Celui-ci, cordonnier de son métier, était accordéoniste. Jean Blanchet, à son tour, fut de mèche avec Émile Bourgeon (1893-1968). Ce dernier était bien le fils de Victor dont il avait repris le métier de charron et bien sûr le violon. Nous les retrouvons en duo affichant des airs de grande complicité et aussi chacun séparément.

Les deux compères sont ensemble au mariage de Joseph Delatouche et d'Anna Sénéchal en novembre 1933 et aux noces d'or de Joseph Roussel et de Louise Seguin en 1955 dans ce petit bout de film réalisé par leur fils Louis. Jean Blanchet semble former un orchestre à lui seul, le Tourbillon Musette Amateur's, au mariage de Pierre Chevallier et d'Alice Gaillard en septembre 1947.

Il faut ajouter qu'Émile Bourgeon était aussi musicien d'église: il a accompagné à l'harmonium les chants des fidèles de la paroisse pendant de longues années, en alternance avec Jean-Louis Helleux (1904-1968). Nous le voyons en compagnie de Monseigneur Martin et de Monseigneur Riopel lors de la confirmation de 1952 alors qu'il venait de recevoir la Médaille Diocésaine.

François Sieur (1920-2013) avait appris le violon. S'il ne jouait pas habituellement dans les fêtes et les mariages, il réjouissait sa famille et ses amis en petit comité. Il fit une apparition remarquée à l'automne 2013 lors du prix Roger Froget à Parcé où il est photographié en compagnie de Jean Cornée. Ce dernier, accordéoniste, dès son plus jeune âge reprit le flambeau. Son talent ne s'arrêtait d'ailleurs pas à la musique car il fit partie de la troupe de théâtre formée à Billé dans les années 1950. Il animait la fête des classes en 1956. Paul Bourgeon (1923-2003), qui avait hérité du gène de la musique de son père et de son grand-père, ne manquait pas non plus une occasion de distraire son entourage.


Pierre Delatouche digne hériter des précédents a eu un parcours très éclectique. Il a commencé par la musique d'église mais il pratique aussi la flûte et la bombarde. Il s'est vu offrir un accordéon pour sa retraite et il a appris à partir de ce moment à jouer de cet instrument. De nos jours, il enseigne même à des plus jeunes. Jean Cornée et lui ont enregistré un CD en 2006. C'est un extrait de ce CD qui accompagne l'ouverture de cette page. Ceux qui aimeraient en entendre plus sont invités à contacter les intéressés. Bien sûr, il est aussi sur les planches chaque printemps avec Théa Billé, et ce, depuis bien des années.

Le plus jeune de cette lignée de musiciens est Claude Bouvet. Il a commencé l'apprentissage de l'accordéon à 12 ans et, contrairement à ses prédécesseurs, il a appris en même temps le solfège. Il n'avait pas dix-sept ans quand son père l'emmena en 4CV à Landéan jouer pour la première fois au mariage d'un de ses collègues de travail. Depuis, son accordéon puis son orchestre ont fait danser des milliers de couples pendant quatre décennies dans tout le Pays de Fougères et au-delà.

... et dansez jeunesse!

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