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François Malle

François Malle (1904-1950)
Soldat en 1940

CComme beaucoup d'autres, François Malle a pu fuir vers le sud, après la défaite de l'armée française, pour ne pas se retrouver prisonnier. Son fils, Francis, nous raconte ce qu'il en sait et comment il a retrouvé l'endroit où son père a séjourné pendant plusieurs mois.

J’ignore à quelle date mon père fut appelé. Toujours est-il que le 11 avril 1940, il adresse une carte postale à sa mère. Parti de Saint-Jouan, qu’il quitte à regret, il vient d’arriver le matin-même à Fontainebleau où, avec ses camarades de la 101e batterie, il est hébergé dans une halle de tennis. Il n’a pas encore d’indications précises sur ce qui l’attend mais ne paraît pas inquiet. Solliciter les « trente jours agricoles », dès que les permissions seront rétablies, constitue sa principale préoccupation. Ils lui permettront de regagner la ferme de la Joulière où les bras vont manquer, notamment pour les foins et la moisson. Obtint-il cette permission ? Cela paraît peu probable. La défaite se profilait à l’horizon proche. L’armistice serait signé avec le IIIème Reich deux mois plus tard, le 22 juin, et des centaines de milliers de prisonniers de guerre français prendraient la direction de l’Allemagne.

Pourtant, François échappa à la captivité. Décédé dix ans plus tard, il n’avait guère évoqué cet épisode. Malgré tout, la tradition familiale avait retenu qu’il se serait retrouvé dans le Midi. Il y aurait séjourné quelques mois, le temps que la situation s’éclaircisse et qu’il puisse rentrer à la maison sans être inquiété.

Que le monde est petit !

Trente ans plus tard, à la suite d’un concours de circonstances inattendu, j’allais apprendre la suite de l’histoire. En pèlerinage à Lourdes, deux femmes engagent la conversation dans l’hôtel où elles sont hébergées. Comme toujours, cela commence par des banalités puis on s’enquiert de la région d’origine.
- Je viens de Fougères, en Bretagne, dit l’une.
- Moi, j’habite la Dordogne, dit l’autre. Mais pendant la guerre, j’ai hébergé un soldat de votre région qui avait réussi à fuir l’avance des armées allemandes. Je me souviens encore de son nom. Il s’appelait Malle, François Malle.
- C’est en effet un nom assez courant dans la région de Fougères, reprend la première femme.
Et elles en restent là. La Fougeraise a cependant gardé en mémoire le nom de son interlocutrice – Cabrol – ainsi que celui de sa commune, Saint-Léon-sur-l’Isle (Dordogne) où?.

De retour à Fougères, elle rencontre une de ses connaissances, vendeuse dans un magasin d’habillement, à qui elle raconte l’histoire. Le hasard qui, parfois fait bien les choses, veut que la commerçante connaisse notre famille. Il s’agit en effet de ma cousine Yvonne Douard. Quelques semaines plus tard, ma mère en est informée et je le suis bientôt à mon tour. À l’occasion de vacances dans la région, mon épouse et moi serons accueillis par madame Cabrol, devenue veuve, et rencontrerons un ouvrier agricole qui se souvenait de François Malle et me montrera le local qui lui avait servi de chambre.

Mon père s’était en effet replié vers le sud de la Loire avec son unité et s’était retrouvé en Dordogne au moment de l’armistice. Monsieur Cabrol, propriétaire d’une exploitation agricole au sud-ouest de Périgueux, étant prisonnier, mon père proposa ses services qui furent acceptés. Une paire de bras supplémentaires n’était pas de refus. C’est ainsi qu’il travailla environ six mois dans cette ferme avant de pouvoir enfin rejoindre la sienne que sa mère gérait comme elle pouvait avec l’aide d’ouvriers agricoles.

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