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Joseph Rahuel

Joseph Rahuel (1908-1993)
Soldat et prisonnier de guerre

JJoseph Rahuel fut mobilisé à Brest au 248° régiment d'infanterie avant de passer trois mois à Enghien-les-Bains (Seine-et-Oise), jusqu'à la mi-décembre. Il fut ensuite envoyé à Rethel puis Rocroi où il fut employé comme coffreur à la construction des ouvrages de la ligne Maginot qu'il fallait achever à la hâte le long de la Meuse. Il était en outre responsable du "foyer du soldat" sis au village de La Taillette où?. Il nous a laissé une série de photographies prises devant ce foyer. La violente attaque allemande qui allait déclencher la campagne de France s'engagea à Monthermé le 10 mai 1940. C'est le jour où Joseph monta au front avec son régiment. Mais l'armée française n'était pas de taille à résister et après plusieurs péripéties au milieu de la pagaille générale, il se retrouva prisonnier le 16 mai.

novembre 1939
Environs d'Enghien
Dans les environs d'Enghien
février 1940
Sur la Meuse
Sur la Meuse

Cette photographie de février 1940, de la même série que ci-dessus, revêt un caractère particulier: Joseph y figure près de son camarade, l'Abbé Louis Cloche, natif de Saint-Germain-en-Coglès. Ce dernier fut fait prisonnier en même temps que lui, mais il réussit fausser compagnie aux Allemands et rejoignit plus à l'ouest une autre unité avec laquelle il reprit le combat. Il fut tué à La Rue-Saint-Pierre où? près de Clermont-de-l'Oise le 9 juin 1940 alors qu'il tentait de jeter un cocktail Molotov sur un char ennemi. Il s'était offert généreusement de remplacer un père de famille pour cette mission. Il repose au cimetière de Saint-Germain-en-Coglès où son corps fut transféré en 1949.

Sur la photo, Joseph est à gauche et Louis Cloche près de lui. Ils avaient acueilli le jeune garçon après qu'il eut perdu ses parents au cours de la débâcle.

De la guerre à la captivité

Voici le récit qu'il écrivit en septembre de l'année suivante dans lequel il relate les évènements de ces jours de mai qui le conduisirent en Allemagne pour les cinq années suivantes. Il est publié ici dans son intégralité. Cependant, des paragraphes ont été définis et les dates sont soulignées pour en améliorer la lisibilité.

mai 1940 - les premiers jours de mai des avions nous survolent à haute altitude dont nous ne pouvons distinguer la nationalité; un genre de parachute est trouvé dans le bois à côté le 4 ou 5 mai;

Le 10 mai - nous sommes réveillés à 4 heures du matin par des détonations lointaines que nous croyons être la D.C.A. qui tire et nous continuons de dormir; comme d'habitude nous nous levons à 6 heures, notre travail commençant à 7h 1/2; comme chaque matin à 7 heures nous écoutons les communiqués au poste d'une voisine qui le fait marcher assez haut, nous en faisons d'une tête en entendant dire que la Belgique, le Luxembourg et la Hollande sont envahis; les fortifications belges sur lesquelles on comptait, attaquées à 2 heures sont franchies à 4 heures et les détonations sont sans doute des bombes. Donc cette fois-ci c'était pour de bon et la population est en désarroi. Nous allons quand même au chantier, attendons l'arrivée du lieutenant qui attend les ordres; il ne nous rejoint qu'à 9 heures; il arrive fringué de sa tenue de campagne; nous avons compris; il nous dit de rejoindre nos compagnies, nous serre la main à tous disant que nous avons bien travaillé ensemble et nous souhaite bonne chance (ce lieutenant fut tué le 16 mai à 5 heures du soir près de Rumigny où je fus fait prisonnier) de retour au cantonnement chacun ramasse ses affaires et monte le sac puis j'écrivis une lettre que je mis à la boîte civile ne sachant si elle partirait; les camarades du 265 rejoignent leurs compagnies et à midi les positions sont occupées le long de la Marne et dans les bois. Du 248 nous sommes 4 dont 2 de la même compagnie; nous prenons la route vers 2h. l'après-midi; l'idée nous vint de prendre le train à Haybes pour Revin à 5 heures (heureusement que nous ne l'avons pas fait car à cette heure la gare fut bombardée et démolie) car nous avions fait un kilomètre faisant halte au premier bistrot quand un camion allant à Rocroi dans lequel se trouvaient des soldats qui rejoignaient comme nous nous font signe de monter et ainsi nous fûmes à Rocroi avant 5h. heure à laquelle les convois furent mitraillés sur la route; nous étions donc passés à temps là on nous dit que les compagnies sont en position dans les bois à 5 ou 6 km. depuis le matin; puis je dis à mon camarade (un menuisier de Nantes qui à été gravement blessé aux jambes le 14) pour ce soir nous allons donc voir à la Taillette si le foyer est encore là et nous verrons demain, ainsi fut fait; le foyer était en déménagement nous y passons la nuit tranquilles.

11 mai - au foyer j'aide au déménagement et à la vente des boissons qui restent aux régiments qui passent (partent?) pour la Belgique, c'est ainsi que je rencontre Joseph Coirre. Vers 5 heures environ 42 avions nous survolent mais sans bombarder le patelin; la nuit rien.

dimanche 12 mai à 7h - je fus à l'Église avec l'Abbé Cloche qui me donna la communion avant de partir dire sa Messe dans le bois du Gué-d'Hossus. puis je fus à la grand Messe à 10h. L'Abbé Cloche étant de retour fit un sermon d'adieu aux habitants (il était revenu attristé d'avoir vu les réfugiés passer à plein la route à Rocroi; et en effet quand l'après-midi j'ai vu ce pauvre défilé c'était triste à voir; les gens de la Taillette eux partaient le lundi matin) j'écrivis une lettre que je donnais au comptable de la compagnie me dit qu'il allait certainement voir le vaguemestre; dans l'après-midi des camarades de ma section étant venus faire un tour à la Taillette je partis avec eux les voisins du foyer nous appellent en passant à boire du café disant demain nous devons tout laisser; pendant ce temps l'Abbé Cloche était parti aux renseignements pour son foyer m'avait dit de l'attendre; je veux aller avec lui, mais lui devait rester avec l'installation et je ne l'ai donc pas revu; pendant la route nous voyons d'un côté les troupes qui arrivent de l'autre le flot des civils emportant ce qu'ils peuvent; nous arrivons au bois où est ma compagnie près Bourg-Fidèle; la soirée toujours survolés par l'aviation allemande (car la nôtre pendant 3 jours on nous en promet la protection, mais je n'ai vu aucun avion français ni anglais; nous passons la nuit sous nos tentes sans alerte.

lundi 13 - dans la journée nous prenons position pour surveiller la route toujours survolés à faible altitude; nous en avons pourtant envoyé des balles en direction mais nous n'avons pu en décrocher un seul de leurs coucous métalliques mais à 5 h. du soir ce sont les bombardiers qui nous envoient sur le bois une bombe tous les vingt cinq mètres; heureusement c'est le milieu du bois qui est atteint et comme nous occupons les flancs les bombes tombent entre ma Cie et la 11ème; 60 mètres plus à gauche ou à droite une des deux compagnies aurait été nettoyée; donc pas un seul blessé, seul un bourrin est tué et l'avant-train de la roulante de la 11ème est hors d'usage à 9 heures du soir nous décampons pour prendre position plus à l'avant le son du canon semble se rapprocher nous passons où notre artillerie tire, continuons la route, notre artillerie tire donc par dessus nous; mon (?) Sireuil me dit je crois que cette fois on y est, moi je lui répond encore ce sont les grosses pièces qui tirent au loin, ils sont sans doute à 20 km. d'ici mais ils étaient tout près:

mardi 14 - nous arrivons à 3 heures sur les positions et il faut faire vite pour s'y mettre car le jour se lève déjà; on nous dit qu'ils sont à 4 km. mais en réalité ils sont à 400 mètres, le jour vient les avions ne cessent de nous survoler les Allemands sont là depuis 2 jours et ont passé la Meuse en plusieurs points, il s'agit de tenir en attendant que le renfort nous arrive pour contre-attaquer le soir; l'aviation bombarde l'arrière de nous, réduit notre artillerie au silence et nous restons isolés sans renfort ni liaison; l'artillerie d'en face commence à nous pilonner de 5h. de l'après-midi à 8h.; un peu d'accalmie tir moins fourni toute la nuit;

mercredi 15 - le jour pointe déjà l'aviation ronfle; à 4h. l'artillerie reprend son tir à plein pendant 30 minutes les obus tombent de tous côtés; puis ils allongent leur tir; ce sont les Allemands qui ayant eu le renfort pendant la nuit qui attaquent, ils sont à 40 ou 50 mètres de nous autour de nous les camarades sont repliés nous sommes 4 de la section restés là dans un trou, donc nous sommes pris entre le tir d'artillerie et la mitraille, nous arrivons cependant à nous dégager d'abord en faisant 100 mètres en arrière puis en continuant le repli dans les bois, par 2 fois le tir de barrage nous oblige à rester sur place, pendant qu'à droite la mitraillette se rapproche, enfin nous en sortons, je perds mes camarades, marche toute la journée d'un bois dans l'autre à cause des avions et des motorisés qui sont peut-être sur les routes me guidant avec le soleil et ma montre comme boussole me souvenant d'une méthode de l'active, avant la nuit j'arrive à trouver une route indiquant la direction de Rocroi car je pensais bien trouver là où se trouve la ligne de fortifications, la ligne de renfort, mais là rien, fortins abris, tranchées n'étaient pas occupés par nos troupes; par la suite j'ai su que la ligne de renfort était en position à Rethel et y a tenu jusqu'au 4 ou 5 juin; donc à 70 km. de là à minuit j'arrive à la Taillette, dans le patelin tout est abandonné portes ouvertes comme j'étais pas mal fatigué je me suis couché où je couchais précédemment au foyer et je me suis endormi me disant vienne qui voudra.

16 mai - je me réveille à 3h. ayant à peu près dormi 2h. (depuis 3 jours que j'en avais pas fait autant cela fait du bien quand même) aussitôt je me remet en route voulant voir quelle direction prendre avant qu'il soit jour, après quelques km. je trouve le reste d'une Cie de je ne sais plus quel régiment, j'ai bu le jus avec eux à leur roulante; j'étais sur la route d'Éteignères (j'ai compris pourquoi le renfort ne nous était pas parvenu, ce n'était que canons, chevaux, camions matériel gisant sur cette grande route presque impraticable par les trous de bombes; donc la veille l'aviation avait bombardé l'arrière sans relâche à Éteignères je trouve un vélo dont les roues étaient faussées de quelques coups de soulier je les redresse, il était environ midi et avec je suis vite rendu à Rumigny, voyant sur les poteaux indicateurs Laon à 70 km je me promettait bien d'y être le soir mais il en fut autrement car les Allemands étaient beaucoup plus loin que je ne croyais; car entendant bien la mitraillette ci et là mais cela ne devait être que des parachutistes en arrivant à Rumigny je rejoins un bataillon du 62ème qui battait en retraite et tirait avec quelques fusils mitrailleurs en direction d'un petit bois d'où étaient partis des coups de feu par groupe de 8 ou 10 nous faisons une patrouille autour de Rumigny puis nous ne trouvons plus rien; le groupe avec lequel je me trouvais entre dans le patelin évacué, nous trouvons seulement un bonhomme qui nous fait entrer, nous donne un coup de cidre et voulais que nous restions à manger, mais moi j'ai repris la route car je pensais plus à être aux lignes françaises qu'à manger moi j'avais perdu mon vélo, après quelques km. le bataillon se trouve de nouveau arrêté par des coups de mitraillette, encore quelques parachutistes sans doute, il s'en suivit une bagarre d'environ 2 heures car 280 (?) ou 300 tanks étaient alignés là sur la route longeant un petit bois, ripostèrent de leurs canons automatiques, nous n'avions que nos fusils; plusieurs tués et blessés chez nous; il fallut se rendre; vers 6 heures nous avons mis un mouchoir blanc au bout d'un bâton; alors les Allemands crient "Français rendez vous!" faisant signe que oui, laissant les armes sur place, nous allons sur la route, où on nous fait signe de venir, on nous demande si nous avons des armes sur nous sans nous fouiller, on nous fait rejoindre un groupe déjà pris les tanks passent devant nous continuer de fouiller le terrain puis on nous fait faire 2 km. derrière eux rejoindre le détachement de prisonniers. Nous partons vers 8h. passons plusieurs patelins en autres Liart, marchons jusqu'à onze heures, faisons halte dans un bourg où nous couchons dans une grange de foin où j'ai assez bien dormi.

17 mai - Nous repartons à 5h. le matin marchons toute la journée à côté des troupes allemandes qui passent continuellement comme elles veulent, aucun avion ne les empêche; en route je retrouve plusieurs camarades de ma compagnie, aussi les officiers et le commandant du bataillon; mon lieutenant me demande où j'ai été pris, lui venait d'être pris se cachant depuis 2 jours dans les bois; je lui dis que j'ai fait pas mal de km. mais rien à faire pour passer les lignes, le soir il pleut un peu quand nous arrivons à Charleville et nous passons la nuit dans les écuries d'une caserne.

18 mai - des prisonniers bouchers sont employés à la caserne à tuer le bétail amené des champs et nous distribuent un petit morceau de viande cuit à la hâte puis à 9h. la matinée nous reprenons la route, passons la Meuse, la frontière belge et le soir faisons halte à Pussemange le long d'une voie de tramway.

19 mai - le matin partons vers 5h. à peine en route je retrouve Joseph Sieur, nous nous suivons pour être ensemble, passons à Bouillon où nous montons dans des camions qui nous débarquent en pleine campagne d'où nous marchons encore 12 km. pour arriver à Libramont le soir où nous couchons dans la cour d'un marchand ou dépôt de blé et farine.

20 mai - là nous sommes avec d'autres prisonniers pris en Belgique la matinée nous restons sur place; dans les bâtiments nous trouvons des sacs de farine; nous en délayons avec de l'eau et en faisons de petits pains, que nous mettons à cuire sur des plaques de tôle ayant pu faire du feu, vers midi on nous distribue un peu de soupe de nouilles ensuite on nous emmène à la gare tout à côté décharger des wagons de bidons d'essence de 20 litres; d'ailleurs à la gare ce n'était que wagons-citernes et wagons de bidons d'où les camions chargés partaient sans arrêt; vers 4 heures nous revenons et une autre équipe nous remplace, on nous donne quelques biscuits et nous retournons à la gare pour embarquer dans les wagons que nous avions déchargés le train part vers 8h. et roule sans arrêt toute la nuit.

21 mai - pendant la nuit nous entendons le canon au loin quand nous traversons le Luxembourg; quand il fait jour nous voyons que nous sommes en Allemagne à 9 heures le train stationne en gare de Trêves puis continue arrêtant plusieurs fois pour laisser les communications nous passons sous beaucoup de tunnels; le soir à la nuit dans une grande gare dont j'ai oublié le nom la Croix-Rouge nous donne une tartine de confiture et un quart de jus. puis le train roule toute la nuit, il fait beau temps heureusement car nos wagons ne sont pas couverts.

22 mai - toujours le train roule, enfin nous débarquons à 4 heures l'après-midi (sommes pas sûrs dans quel coin de l'Allemagne nous pouvons être) faisons 2 km. et nous voilà au camp Stalag IV-B; arrivés au camp on demande diverses catégories de métiers de sortir des rangs et nous formons un groupe à part pour être employé au camp puisque c'est le 1er train de prisonniers qui y arrive (dans l'hiver il y avait eu des Polonais) on nous distribue le repas du soir qui fut le bienvenu, puis nous passons la nuit sous une grande tente de 250 où j'ai bien dormi sur la paille fraîche.

23 mai - ceux qu'on avait groupé la veille nous passons aux douches et désinfection des habits, puis à l'immatriculation qui commence au No. 20.000; je suis le 294ème à passer; ensuite nous sommes logés dans la 1ère baraque du camp (quelques baraques sont terminées mais tout le reste est en construction, donc beaucoup restent sous les tentes plusieurs mois) il y a 60 tentes avec chacune 300 à 400 prisonniers.

24 mai - les employés pour le camp commencent leurs emplois mon groupe a repos et commençons à nous remettre. 25 mai et le reste du mois faire des piquets et installer des tentes quelques unes seulement étaient montées à l'arrivée car tous les jours des convois de prisonniers arrivent le 28 nous envoyons la 1ère carte qui vous parvient assez vite le 9 juin mais j'en ai la réponse que le 25 juillet.

juin 1940 - nous installons la menuiserie sous une tente, travaille à divers travaux, faire des étagères, rayons, classeurs pour le poste et autres bureaux; le 18 quelques camarades reçoivent la réponse de la carte du 28 mai ce qui donne à penser que nos familles les ont bien reçues; les Allemands nous disent la France vaincue nous annonçant la signature de l'armistice mais nous ne voulions pas le croire du tout et c'était pourtant vrai.

juillet - les départs en kommandos commencent; de nouveaux convois de prisonniers pris sur l'Aisne près Paris, sur la Loire, donc sur leurs dires nous sommes renseignés sur la situation et obligés d'admettre la défaite de la France en Juillet nous avons presque tous eu la dysenterie qui ne nous fait pas de bien surtout que nous étions affaiblis d'avance, pour moi je fus 2 ou 3 jours couché pas fortement pris; le 25 reçu la 1ère carte en réponse du 28 mai et le 28 le 1er colis. Les derniers dimanches du mois nous pouvons assister à la Messe dite en plein air.

août - les prisonniers continuent d'arriver de France ce qui nous semble bizarre, car maintenant que nous savons la guerre finie nous attendons avec impatience la signature de la paix ce qui nous fait sembler les jours interminables; la fin du mois je travaille une dizaine de jours avec des civils qui construisent des bâtiments à 500 mètres et le mois se termine ainsi.

septembre semble lui aussi long, nous travaillons à construire des baraques-atelier dans le parc des pionniers menuiserie, charronnage, bourrellerie, forge, serrurerie, vitrerie et peinture, hangar pour les charpentiers, maçons, cimentiers, fumistes etc. Au début nous étions 40 à l'équipe des pionniers, maintenant nous sommes 200 des professions nommées.

octobre - nous voyons que nous y passerons l'hiver; la menuiserie terminée nous travaillons à l'abri et la construction des autres bâtiments continue. Novembre passe comme octobre temps d'hiver.

décembre - des prisonniers viennent encore de France les derniers. Noël passe et l'année se termine ainsi.


1941 - que nous apportera cette nouvelle année, nul ne pourrait le dire, les mois passent assez vite, on se fait à tout.
en mars-avril - guerre de Yougoslavie et de Grèce.
22 juin - guerre de Russie.
septembre - l'été m'a semblé vite passé et de nouveau l'hiver revient.

le 14 septembre 1941 - Joseph Rahuel

Il explique lui-même dans le récit quelle fut sa vie dans le camp de Mühlberg an der Elbe où?. Au cours de ce séjour, il verra passer plusieurs hommes de Billé et des environs qu'il mentionne parfois dans ses lettres. Ainsi, Galesne de Saint-Georges-de-Chesné, André Roussel, Pierre Souchu, L'Abbé Helleux, l'Abbé Pulvé - vicaire à Javené, y défileront, sans oublier Joseph Sieur. Il sera transféré au Stalag IV-C et quittera Mühlberg le 24 février 1942 pour Zwickau. Il y restera seulement quelque mois et repartira le 1er août suivant vers Sandau.

10 juillet 1940
Photo d'identité
février 1940
L'atelier de menuiserie au Stalag IV-B
Atelier de menuiserie

Sandau est situé dans la partie des Sudètes annexée au Reich allemand en 1938. Cette ville est localisée de nos jours en République Tchèque et se nomme Žandov. À Sandau, sa vie sera bien différente: il était menuisier, il devint métallo et travaillait en équipe. Il avait rapporté une carte postale de la ville avec au premier plan des bâtiments de l'usine où il travaillait. Une recherche permet de retrouver l'emplacement de cette usine et même, au bord de la route, un des bâtiments qui existe encore. Quelques maisons alentour sont aussi reconnaissables. Il a rapporté une série de photos réalisées pendant cette période.

Sandau ou Žandov
où?
Photo d'identité

Le retour

Ainsi se passa la vie en captivité. Cinq années, c'est bien long! Après le débarquement allié de juin 1944 en Normandie l'espoir d'être bientôt libre se faisait de plus en plus fort. En février 1945, il assista, de loin, au bombardement de Dresde. Et puis, le 6 mai 1945, il note dans son agenda: "dernière journée de travail". Le lendemain: "bombardement de l'usine à 18 heures". Dès le 8 mai, abandonnés à eux-mêmes, avec quelques camarades ils décident de marcher vers Prague au-devant des Américains. Il passe deux jours à Prague, les 14 et 15 mai. Le 16 il est acheminé en train à Pilsen, puis en camion au camp d'aviation de Cham. De là, après quelques jours d'attente, il décolle pour Nancy, à bord d'un avion de l'US Air Force le samedi 20 mai. Deux heures plus tard, il est à Nancy. Encore le train ... et c'est enfin Vitré et Billé le 22 mai 1945.

21 mai 1945
Un télégramme tant attendu!
télégramme
retour
Histoire Patrimoine Gens de Billé

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