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Patrimoine

Petits chefs-d’œuvre cachés
En se promenant dans les registres...

PPour qui n'est pas familier des registres anciens, il peut paraître très rébarbatif de se plonger dans la lecture des registres paroissiaux d'état civil. En général, cette activité est volontiers abandonnée aux généalogistes et à ceux qui, de plus en plus nombreux, y recherchent les traces de leurs ancêtres. Pourtant, il arrive que cela vaille la peine d'y faire un petit détour. Dans les registres de Billé, par exemple, il est un certain nombre de dessins, laissés par des rédacteurs en manque de fantaisie, qui ne sont pas sans intérêt. Certains d'entre eux comportent même une valeur artistique indéniable. C'est une partie du patrimoine de Billé qui n'est pas exposée à la vue de tout un chacun que nous proposons de visiter.

 
1738
1738 - Registre des baptêmes, mariages et sépultures (couverture).
1738 - Registre des baptêmes, mariages et sépultures (fin).

Daniel Manceau du Cercle Généalogique du Pays de Fougères avait découvert et exposé, lors de la Journée des Cousinages de cette association en mars 2013, la couverture du registre des baptêmes, mariages et sépultures de 1738. Ce dessin à la plume, de facture très soignée et enrichi de couleurs vives, mérite d'être admiré.

 

Avant de poursuivre cette visite, il est opportun de se demander qui se cache derrière ces dessins. À partir de 1689, il existe à la fin des registres des tables analytiques de l'année écoulée. D'emblée, compte-tenu de la conservation des pages et de la forme de l'écriture, il apparaît que ces tables sont bien postérieures aux actes. Dans le registre de 1689, une note rédigée par l'auteur des tables indique "Comme il y a quelques noms que je n'ai pu lire, et d'autres que je n'ai peut-être pas bien lu[sic], je prie de ne point trop se fier à cette table; mais d'avoir recours à la page citée - 28 Xbre 1769". Dans celui de 1695, se trouve à la fin des tables analytiques, datées du 27 décembre 1970, la signature de deux curés de Billé sous une forme très stylisée (voir ci-dessous): Joseph J. Marchand et Paul Charles Maignan. Le premier fut présent à Billé entre 1763 et 1771, avant d'être nommé à Essé, et le second de 1770 à 1778 année où il fut installé à La Mézière. Voilà donc deux indices qui se recoupent parfaitement.

Ainsi deux curés de Billé ont rédigé les tables analytiques à partir de 1689. En y regardant de plus près, les tables de 1689 à 1705 puis de celles de 1738 et des années suivantes sont de la main de Marchand. De 1736 à 1737, c'est Maignan qui écrit - avec une interruption de 1727 à 1731. Les tables de 1713 et 1721 sont datées de 1773 et 1774 respectivement. En 1774, Maignan signe de son nom.

De par les dates, il est possible alors d'attribuer les dessins de 1713 à 1735 à Paul Maignan. En 1738, Joseph Marchand a écrit la table et en même temps réalisé le petit dessin qui l'accompagne ainsi que celui de la couverture. Il doit être aussi l'auteur des sanguines entre 1764 et 1768. En effet, elles accompagnent des notes de son écriture prises à l'époque même des registres et son confrère n'est venu à Billé qu'en 1770. Son style est encore reconnaissable dans le petit croquis de 1764.

1695
1695 - Registre des baptêmes, mariages et sépultures.
1697
1697 - Registre des baptêmes, mariages et sépultures.
 
1713-1735
1713 - Registre des baptêmes, mariages et sépultures.
1722 - Registre des baptêmes, mariages et sépultures.
1735 - Registre des baptêmes, mariages et sépultures.

Trois dessins de visages de profil, fort ressemblants, attribués à Paul Maignan. Sont-ils des autoportraits?

 
1747
1747 - Registre des sépultures.
1749
1749 - Registre des sépultures.
 
1764-1768

Série de six dessins à la sanguine réalisés par Joseph Marchand entre 1764 et 1768. Ils représentent des natures mortes ou des armoiries. Le plus curieux montre une volaille s'enfuyant devant un renard alors qu'un chien semble venir à sa rescousse.

 
1764
1764 - Registre des sépultures.
1770
1770 - Registre des baptêmes et mariages.

Ce petit croquis d'ange et ce tableau enjolivé sont aussi de Joseph Marchand.

 

Comme il est déjà mentionné plus haut, Joseph Marchand poursuivit son ministère en tant que recteur de la paroisse d'Essé de 1771 à 1789. Paul Maignan fut nommé à La Mézière. Exilé à Jersey à partir de 1793, il retrouva sa cure en 1804 et l'occupa jusqu'en 1820.

Les registres peuvent être consultés sur le site des
Archives Départementales d'Ille-et-Vilaine.
Histoire Patrimoine Gens de Billé

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