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La guerre de 1914-1918 à Billé

Soldats blessés

AAprès avoir fait le décompte des morts de la Grande Guerre, il faut faire aussi celui des blessés. Le nombre en fut à peu de chose près aussi considérable. Beaucoup de nos soldats rentrèrent avec des cicatrices et trop souvent avec des incapacités importantes qu'ils subirent tout le reste de leur vie. En nous penchant sur les fiches matricules des soldats nous avons pu faire un inventaire des blessures subies par les poilus de Billé. Toutes catégories confondues, ce sont 65 hommes qui furent blessés au cours de la guerre dont 14 d'entre eux par deux fois et 6 à trois reprises. En tout, 84 blessures peuvent être répertoriées.

Les blessures étaient causées pour environ la moitié d'entre elles par des éclats d'obus. C'est en effet au cours de cette guerre que ce genre de blessure apparaîtra et prendra de plus en plus d'importance. Il faut bien réaliser que l'éclat d'obus provoque des blessures très graves de par sa conformation irrégulière et acérée. En pénétrant les corps, il déchire tissus et vaisseaux provoquant des lésions difficiles à réparer. Les balles quant à elles furent tout de même responsables de 20% des blessures. Comme chacun le sait, les gaz de combat ont fait leur apparition à grande échelle en 1915. Pour autant assez peu de cas sont rapportés vers la fin de la guerre parmi nos soldats: cinq en firent les frais dont l'un d'entre eux - Henri Chaperon - à deux reprises. Les gelures des pieds subies par quatre de nos soldats sont révélatrices des conditions dans lesquelles ils vivaient. Enfin d'autres causes telles que l'éboulement de tranchées ou les écrasements par fardeau viennent compléter ce triste tableau. Dans un cas sur cinq la cause des blessures n'est pas mentionnée dans les documents consultés. Ces observations ne peuvent être étendues aux blessures qui ont été fatales car les causes des décès ne sont jamais décrites et il faut, bien souvent se contenter de la mention laconnique "tué à l'ennemi".

Le flot des blessés est réparti tout au long de la durée du conflit. Il faut toutefois noter qu'au tout début de la guerre, d'août à octobre 1914, il y eut une quinzaine de blessés. Plus tard, c'est le mois de septembre 1915 qui fut le plus meurtrier pour nos soldats: pour ce seul mois il y eut cinq blessés et huit tués. Tous furent frappés dans le département de la Marne. Cela, bien sûr, au cours de la seconde bataille de Champagne. Ces jours-là, il y aura 27 851 tués et 98 305 blessés dans les rangs français. Le résultat de ces sacrifices sera bien mince: le front aura avancé, au plus, de trois ou quatre kilomètres.

Pour citer quelques-uns de nos poilus, mentionnons que Alexandre Besnard, Émile Bourgeon, Pierre Galodé, Louis Lemarié, Jean Planchette et Amand Sourdin furent blessés trois fois. Certaines blessures furent suivies d'amputations. La plus grave fut subie par Henri Trohel, blessé deux fois, qui perdit la jambe gauche. Deux autres hommes furent amputés d'un doigt: Louis Chevallier et Pierre Galodé. Jean Deshayes perdit le complet usage de son bras droit. Eugène Couasnon fut aussi très gravement touché. Il n'est que de parcourir sa fiche matricule pour s'en convaincre.

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